Discours de Thierry Marchal Beck à la Convention Nationale TàG
Mes chers amis,
Le plaisir est grand, il est immense, d’être ici parmi vous. Je tiens sincèrement à vous remercier d’être là, d’apporter votre force, vos idées, votre envie de changer et de transformer. L’instant est aussi particulier pour moi, j’ai conscience de la confiance que vous me faites.
Vous avez traversé la France et nous nous sommes rassemblés pour parler d’une chose simple, extrêmement simple et pourtant déterminante : comment pouvons nous être utiles à la gauche, à la France, à notre génération ?
Vous avez traversé la France et vous venez porter la voix de tous ceux qui, autour de vous, attendent de la gauche nulle autre chose que la victoire et que nous changions enfin la vie.
Vous êtes les portes-voix de ceux qui militent avec vous, des centaines de jeunes que vous avez rencontrés depuis deux ans, de tous ceux qui attendent et qui espèrent.
Nous sommes ici rassemblés, conscients de l’exigence du moment, de la hauteur des enjeux et du devoir de réussite.
***
Nous sommes déjà engagés sur ce chemin qui nous conduira à la victoire.
Certains d’entre nous y sont engagés depuis quelques années, quelques mois, quelques semaines et même pour certains quelques jours et je souhaite que nous soyons, heure après heure, de plus en plus nombreux.
Pour tant de générations avant nous, ce chemin a été le combat d’une vie, et certains n’ont même pas connu la victoire de la gauche.
Pour tant de jeunes à travers le monde, aujourd’hui comme hier, la victoire des forces du progrès social est synonyme de luttes, de répressions sanglantes, de tortures et d’emprisonnement.
Nous nous inscrivons dans leurs pas, conscients que le chemin que nous empruntons est moins sinueux, moins sanglant.
Et parce qu’il peut être un peu plus facile, l’impératif de succès n’en est que plus important.
Ce chemin, il a commencé pour moi bien tôt, dans une famille dont les parents ont dédié leur vie à l’enseignement et au partage des valeurs de la République.
Il a commencé à Orléans quand j’ai décidé de rejoindre, ce qui était encore un petit syndicat lycéen, l’Union Nationale Lycéenne, qui portait cette conviction profonde que l’éducation devait être gratuite, que les lycéens avaient leur mot à dire sur la façon dont le lycée s’organisait et la façon dont on enseignait.
Mon engagement est né dans cette conviction que l’on pouvait agir à tous les niveaux et que c’est rassemblé, uni, solidaire que l’on peut faire avancer les causes dans lesquelles on croit.
***
Nous sommes, tous ici, une génération qui a grandi sous la droite. Nous avons connu notre éveil politique et découvert celui-ci sous un pouvoir réactionnaire, xénophobe, autoritaire, en France, en Europe et à bien des égards aux Etats-Unis.
Les évènements déterminent souvent la façon dont on appréhende la politique. Depuis dix ans il y en a eu des évènements qui font de vous un être intrinsèquement de gauche.
Je pense à l’histoire de cette jeune lycéenne, rencontrée lors de la campagne des 21 propositions. Elle a 17 ans mais c’est âgée de 10 ans à peine, en 2004 qu’elle a compris le poids que la politique pouvait exercer sur sa vie et sur celles de ses proches. Elle me racontait le choc de voir à la sortie de l’école les parents de sa camarade de classe arrêtés puis expulsés parce qu’ils n’avaient pas de papiers.
Ce sont les évènements qui forgent l’identité.
Je pense à elle et à tous les autres. A toutes ces vies marquées par un parent qui perd un emploi, par un grand-parent qui n’a plus les moyens de financer ses soins, par un accident de la route qui vous impose un fauteuil roulant dans une société qui ne laisse que si peu de place aux handicapés.
Je pense à eux et à tous les autres. Je pense surtout à tous ceux qui ont décidé de ne rien céder.
Je pense à tous ceux qui ont fait le choix de la résistance et de l’action quand le pouvoir essaye d’avoir un peu plus la main mise sur nos vies.
Certes les années 2000 ont été celles des expulsions et des reconduites à la frontière mais elles n’ont pas été que cela. Elles auront aussi été celles de RESF, des baptêmes Républicains, de Welcome, de policiers qui détournent le regard et de gestes citoyens anonymes qui font honneur à l’humanité.
Les années 2000 ont été celles d’Edvidge, d’Hadopi, et des fichages ; mais je retiendrais avant tout la quadrature du net, le logiciel libre, le creative communs, l’open data et mediapart.
Les années 2000 ont été celles des privatisations, du démantèlement des solidarités, des attaques au droit social, des licenciements boursiers, de l’attaque à la retraite à 60 ans ; mais aussi celle du combat syndical, de l’économie sociale et du rachat des entreprises par les salariés.
Alors certes, ils ont le pouvoir, ils ont la force, ils ont l’argent.
Mais nous avons pour nous le nombre, notre imagination, notre indignation, notre possibilité de refuser, de s’opposer et de créer d’autres espaces de libertés et de solidarités.
La gauche a été attaquée de toutes parts et depuis dix ans mais elle a su se réinventer et notre génération y a pris toute sa part.
Que cela soit dans la société, dans le mouvement social, chez les Jeunes Socialistes ou par de simples regroupements de citoyens, nous avons redéfini ce qu’est être de gauche, ce qu’est être féministe, ce qu’est être écologiste, ce qu’est être geek, ce qu’est être égaux.
Nous y avons contribué autour de toi Laurianne lors des perspectives 2012, quand, inlassablement, tu nous as répété qu’un projet ne s’écrivait pas à quelques uns dans une salle, mais collectivement, en interaction avec tous ceux qui font le mouvement dans la société.
Quand tu rappelais que la gauche doit être fière de ses valeurs, de ce qu’elle porte et que nous ne devons jamais avoir peur d’aller à la rencontre des citoyens, que cela soit pour choisir entre 21 propositions ou pour déterminer qui sera le mieux à même d’être le représentant de la gauche.
Nous y avons contribué quand tu nous as appelé à n’avoir peur d’aucun débat, et que l’on ne saurait être de gauche sans briser tous les tabous et mettre en avant ce que tout le monde souhaite voir occulter.
Tu nous as appelé à parler à tous les jeunes, à n’avoir aucune crainte, à regarder dans les yeux nos adversaires et leurs répondre sur le seul terrain qui vaille : celui du projet et celui des valeurs. Nous ferons face au Front National et à l’UMP. Nous déconstruirons leurs discours. Nous refuserons de céder aux sirènes de la peur, de la xénophobie et nous affirmerons haut et fort ce que nous sommes, ce que nous proposons et le monde que nous voulons.
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Mes chers amis,
Alors je le dis ici, car c’est une conviction profonde, être un jeune militant de gauche en 2012 c’est aimer la France.
C’est aimer ce drapeau, ce bleu et ce rouge qui symbolise le peuple de Paris qui encadre le Roi car un pouvoir n’est légitime que s’il émane du choix de citoyens éclairés.
C’est aimer la République et ce principe qui veut que tous les citoyens naissent libres et égaux en droit.
C’est chérir de vivre dans un pays dont l’idéal est que vos seuls mérites et habilités déterminent votre place dans la société et non pas votre naissance, votre famille.
C’est plébisciter une nation dont la citoyenneté est le ciment. C’est aimer un pays qui ne reconnaît aucune religion et qui les reconnaît toutes.
La France est un idéal dont la force n’est pas dans son glorieux passé, mais dans l’immensité des destinés qu’elle propose.
La France elle est fille de la Révolution, fille de la laïcité, fille de la liberté et nous ne la laisserons pas être attaquée par ceux qui ont comme seul désir de revêtir son drapeau pour mieux en souiller ses principes.
A tous ceux qui veulent distinguer les citoyens, faire fi de la laïcité, s’attaquer à nos libertés nous répéterons sans relâche : la République c’est nous.
Nous sommes tous fils de France.
Nous ne les laisserons plus faire.
Parce que nous sommes de gauche nous sommes avant tout des républicains.
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Notre génération, elle veut donner un sens nouveau à la République.
Nous voulons une République sociale, laïque, écologiste, féministe, fraternelle et ouverte.
Nous voulons une République qui fait place à chacun, où les pouvoirs sont partagés, où ce que vous apportez est plus important que votre âge, votre sexe, votre couleur de peau.
Nous voulons porter l’alternative d’une gauche qui ose et qui transforme.
Nous nous y sommes préparés, et tout ce que nous avons mené collectivement, ensemble depuis deux ans, nous y conduit.
Nous n’avons jamais été aussi proche du but et il nous incombe à tous, individuellement et collectivement, de nous faire gagner.
Notre responsabilité dans les 150 jours qui viennent est d’inventer et d’écrire la feuille de route qui nous conduira à la victoire. C’est ce que je vous propose de faire ensemble.
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Alors, nous allons faire gagner la gauche, par étape, en réussissant ce formidable pari démocratique que sont les primaires. La façon dont on arrive au pouvoir conditionne toujours la nature de ce pouvoir. C’est la leçon de Blum au congrès de Tours. Alors, la gauche fait le choix du peuple et des primaires, quand l’UMP fait le choix des donateurs.
Pour les primaires deux mots d’ordres : fair-play et exigence.
Nous serons exigeants, en interrogeant chaque candidat sur ce qui est indispensable pour notre génération.
Dans chaque village, dans chaque ville, dans chaque université, dans chaque centre d’apprentissage où un candidat viendra, il y aura un jeune socialiste, mieux que ca, il y aura un volontaire du changement, pour lui demander ce qu’il pense de l’augmentation des salaires, de la fusion des grandes écoles et des universités, de l’attestation de contrôle d’identité, de la VIème République, de la régularisation des tous les travailleurs et de tous les sans-papiers.
Pour nous, les primaires c’est autant un candidat qui vient avec ses idées, son courage et ses convictions, que le peuple de gauche qui pose ses questions et ses exigences.
Exigeants mais fairplays.
Des questions oui, parfois un peu insistantes – je vous connais – mais les coup-bas et mesquineries certainement pas de la part des Jeunes Socialistes.
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Alors nous allons faire gagner la gauche et notre génération en devenant la meilleure équipe de France qu’aucune force politique n’a jamais connue dans notre pays.
Nous allons ouvrir notre mouvement et accueillir tous les jeunes, car une campagne qui donne sa place à tous et qui tire le meilleur de chacun est forcément victorieuse.
Nous serons les 5000 qui accueillent les 10 000 car c’est en démultipliant nos forces que l’on parlera à chaque jeune que cela soit à la sortie de son lycée, au bord d’un terrain de foot ou à l’entrée d’une BU.
Nous serons méthodiques, consciencieux et efficaces. Nous tirerons le meilleur des expériences de chacun. Un tel ou un tel apportera ses techniques de porte-à-porte expérimentées lors des régionales et des cantonales. D’autres nous expliquerons comment ils ont utilisés le net pour s’organiser. Et personnellement je partagerai mon expérience des campagnes françaises et américaines qui ont par la mobilisation populaire permis la victoire du progrès contre le conservatisme médiatique.
Nous ferons gagner la gauche si nous nous appuyons sur les compétences et les talents de chacun.
Nous irons tous les chercher car la victoire sera acquise que si nous permettons :
à cette pigiste de venir écrire des articles;
à cette intermittente du spectacle d’animer des débats publics;
à ce grapheur de faire les pochoirs au nom du candidat pour les imprimer sur les trottoirs.
Nous n’aurons pas tous le même rôle mais nous partageons tous le même but.
Nous gagnerons si nous comprenons qu’il est plus utile de partager son expérience avec celui qui souhaite nous rejoindre que de tout vouloir faire par soi-même.
Echanger, transmettre, mutualiser, responsabiliser, faire confiance sont les clefs de la victoire.
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Pour notre génération ne nous trompons pas de victoire.
Ce sera celle des larmes qui couleront un soir de mai, sur les joues d’une jeune étudiante et qui aurons, je vous l’assure, un autre goût que celles de 95, 2002 ou 2007.
Nous allons gagner l’élection présidentielle, mais nous aurons vraiment gagné quand un étudiant n’aura plus à travailler 25 heures par semaine pour financer ses études parce que nous aurons mis en œuvre le parcours d’autonomies.
Nous aurons vraiment gagné quand les femmes et les hommes bénéficieront du même salaire pour un même travail.
Nous aurons vraiment gagné quand nous pourrons tous nous marier, adopter quelque soit notre orientation sexuelle.
Nous aurons vraiment gagné quand la planification écologique sera lancée ; quand nous aurons une feuille de route pour sortir du nucléaire ; quand nous réduirons de 40% les gaz à effets de serre car il n’y a pas péril plus grand pour notre génération que le dérèglement climatique.
Nous aurons vraiment gagné quand chaque enfant et adolescent pourra raconter ses vacances à ses copains en septembre et que les ouvriers de France auront une 6 ème semaine de congés payés.
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Nous serons la génération de toutes ces victoires et cela commence aujourd’hui.
Allons faire signer le Pacte pour les jeunes, interpellons les candidats et obligeons les Socialistes à porter ces initiatives.
Allons mobiliser autour de nous pour être forts, audibles, utiles à la victoire de notre camp, de notre candidat et de nos idées.
Allons nous mobiliser pour que le changement que nous promettons à la France devienne réalité.
Allons nous mobiliser pour que demain le rôle des Jeunes Socialistes soit d’assurer que la gauche au pouvoir soit à la hauteur des attentes de notre génération.
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Chers amis, je vous demande d’y croire, mais bien plus, de le faire savoir.
Dans ces changements, dans cette campagne nous devons y prendre toute notre part. Il nous reste que 150 jours pour écrire notre feuille de route.
150 jours pour préparer et proposer à tous les Jeunes Socialistes à être le plus efficace et le plus utile à notre génération et à la France.
Je vous demande de croire, non pas dans le changement que je peux apporter à la tête des Jeunes Socialistes, mais dans vos propres capacités à changer la façon dont on fait de la politique dans ce pays.
C’est avec vous et auprès de vous que j’accepte d’être celui qui proposera puis animera ce projet en notre nom à tous.
Une équipe elle a besoin d’un capitaine pas d’un chef et les victoires ne sont que collectives.
Mettons tout en œuvre pour faire du Mouvement des Jeunes Socialistes un endroit festif, dynamique, motivant, l’espace d’où est né la génération changement.
Le lieu où tout a commencé.

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